Archive for the ‘Spectacles’ Category

AMZER – Création à « Amzer » Nevez à PLOEMEUR

novembre 28, 2009

– AMZER –

Création au centre « Amzer-Nevez » de PLOEMEUR (56)

Le Samedi 5 décembre à 21h.

Création de Yann-Fanch Kemener, de Aldo Ripoche et du groupe Dièse 3

 » Soutenue par le Centre de création et résidence Amzer nevez et par la Festival de Cornouaille « .

La presse en parle !



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La biche et le roi des saumons

novembre 18, 2009

La biche et le roi des saumons – Morlaix – lundi 16 novembre 2009

Captiver l’auditoire est un don naturel chez Yann-Fañch Kemener et Jean-Pierre Mathias, sans doute inné.

Le duo Yann-Fañch Kemener et Jean-Pierre Mathias était sans doute un des meilleurs moments de la Charrette aux merveilles, festival qui s’est achevé dimanche. Le premier donne a capella des gwerzioù vibrantes dont il a le secret ou chante en français sur le bourdon de son harmonium. Le second raconte une histoire qu’il a vécue un jour de promenade dans la vallée ensorcelée, en guise de « biscuit d’introduction ».

Puis c’est une conversation à deux voix qu’entend le public de la Renaissance, transformée samedi en salle de cabaret.

Les mélodies de Yann-Fañch Kemener, douces ou envoûtantes, illustrent les contes de Bretagne ou d’Irlande dans lesquels Jean-Pierre Mathias plonge la tête la première, au point de s’y perdre parfois en emmenant le public avec lui.

Conte ou réalité, il mêle habilement les deux. Non loin de là, dans les lacs, sous la terre ou dans les cieux, les biches parlent, les chasseurs se transforment en Col-vert, les vieilles « qui savent » se prennent pour Pégase et les saumons font des bulles plus belles que dans n’importe quel dessin animé.

Ouest France

C’était à Ste Tréphine les 21- 22 Août 2009

août 23, 2009

Que du bonheur – Bien tartiné !

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Photos © Christophe LEGALL

Conte à bulles à St Quay

juin 17, 2009

C’était samedi dernier à St Quay Portrieux en compagnie d’Aldo Ripoche et du dessinateur Cyril Knittel

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Photos © Agathe Oléron

LA MER ET LE PIVERT

On raconte que lorsque le déluge fut terminé, la terre devint si sèche qu’il n’y avait plus une seule goutte d’eau.

Dieu ordonna à tous les oiseaux de se rendre au Paradis. De prendre chacun une goutte de rosée sur chacun des arbres qui s’y trouvent, et de venir déposer cette goutte dans un endroit qu’il leur indiqua.

Tous obéirent, et en quelques minutes et la mer fut créée.

Tous obéirent, sauf le pivert qui refusa son concours.

En punition, le Seigneur lui déclara qu’il ne boirait que lorsque la pluie tomberait sur la terre.

Voilà pourquoi, lorsque la soif le dévore, et que ses cris appellent la pluie, on le voit frapper du bec les troncs d’arbres, où il espère trouver la goutte d’eau qu’il n’a pas voulu aller chercher en Paradis.

Sources :

Lucie de V.H. Revue des Traditions Populaires, t. 16-1901, p. 420

Daniel Giraudon. Traditions populaires de Bretagne : du coq à l’âne, p. 89

Musiques pour les Funérailles d’Anne de Bretagne

mars 26, 2009

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Doulce Mémoire

Direction Denis Raisin Dadre

Musiques pour les Funérailles d’Anne de Bretagne

Coproduction avec le Printemps des Arts de Nantes

Créé en résidence à l’Abbaye de Fontevraud – Centre Culturel de l’Ouest 

Création mai 2009

Avec la participation de Yann-Fañch Kemener

Paulin Bündgen  alto; Hugues Primard  ténor; Vincent Bouchot  ténor; Marc Busnel   baryton; Philippe Roche basse; Philippe Vallepin récitant; Eva Godard  cornet à bouquin, flûtes; Elsa Frank   doulçaines, flûtes; Jérémie Papasergio doulçaines, flûtes; Franck Poitrineau   sacqueboute; Denis Raisin Dadre doulçaines, flûtes et direction.

      Le 9 janvier 1514, Anne de Bretagne décédait au château de Blois. Le cérémonial organisé pour ses obsèques, véritable mise en scène du pouvoir royal achève la construction d’un mythe, celui d’une Reine garante de la paix et de l’union de la France et de la Bretagne.

Doulce Mémoire évoquera l’une des toutes premières cérémonies royales qui offre à une Reine tous les fastes et l’apparat ritualisé d’obsèques grandioses. La musique, vecteur essentiel de l’émotion de cette grande liturgie apparaîtra sous trois formes distinctes : le grégorien de l’Office des Matines des Défunts, la polyphonie savante du Requiem et des motets et enfin la monodie de la Gwerz traditionnelle, interprétée par le grand artiste breton Yann-Fañch Kemener.

A la voix des chantres de la Chapelle d’Anne de Bretagne, Reine de France, répondra la voix du peuple breton incarnée par Yann-Fañch Kemener.  

Doulce Mémoire est porté par la Région Centre. Doulce Mémoire est aidé par le Ministère de la Culture et de la Communication / DRAC du Centre, au titre de l’aide aux ensembles conventionnés. Doulce Mémoire est soutenu par le Conseil Général d’Indre-et-Loire, CulturesFrance – Ministère des Affaires étrangères et la Ville de Tours.

Dates : 

Mercredi 27 Mai – Eglise St Patern – Vannes. 20h30

Jeudi 28 Mai – Cathédrale – Nantes – 20h30

Mercredi 30 septembre – Rennes

MEXIQUE

novembre 26, 2008


Entre des concerts quelques visites ! 

Joyeuses pensées depuis Mexico et d’ailleurs…

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Si je savais voler

novembre 22, 2008

Article de Franck Tenaille à paraître dans le Trad Magazine de ce mois

 

YANN-FANCH KEMENER / RENAT SETTE

 

« SI JE SAVAIS VOLER » : UN PACS MUSICAL OCCITANO-BRETON.

 

Fruit d’une résidence commandée par le Chantier (Centre de création des musiques du monde situé à Correns, Var), la création Si je savais voler, pour ses deux premières scènes à L’Estivada de Rodez et au Festival de polyphonies de Calvi a suscité un bel enthousiasme. En ouverture d’une tournée et en prévision d’un disque à paraître chez Buda Records, rencontre avec les protagonistes de cette légitime réussite.

 

C’est un spectacle physique avec des voix, des anches, une pierre que l’on martèle, des pieds qui tapent le sol. C’est un spectacle tout en contrastes avec sa micro-dramaturgie jouant les pleins et les déliés de deux univers, le breton et l’occitan. C’est un spectacle très visuel régi par un jeu de va-et-vient entre deux chanteurs, le Breton Yann-Fanch Kemener, le Provençal Renat Sette, et deux musiciens, les Languedociens Laurent Audemard (responsable d’un formidable travail d’arrangement, clarinettes, hautbois languedocien) et son complice François Fava (saxophones). Façon de dire que lorsqu’une résidence mérite cette appellation, on n’est plus dans un vague « bœuf » musical mais bien dans un objet sonore inédit, fruit d’une intention forte, et d’une complexe transmutation de corpus, de langues, de modes, et dans le cas présent hybridation de personnalités et de leurs bagages culturels.

 

Trad Mag : Comment vous êtes-vous impliqués dans cette création ?

Yann-Fanch Kemener : Lorsque cette proposition de résidence m’a été faite par Françoise Dastrevigne, la directrice du Chantier à Correns, j’ai trouvé l’idée fort intéressante parce qu’elle allait me faire découvrir un univers que je ne connaissais pas puisque j’en étais resté à des « classiques » de la musique occitane comme le groupe Mont-Joïa, ce qui datait un peu. J’étais donc enthousiaste lorsque j’ai rencontré René Sette à Hyères. Mais après coup, j’ai eu la crainte de participer à une espèce de collage. D’où l’intérêt de ce travail qui a fait du lien entre des entités musicales fortes et leur a donné fois à la fois du corps et de la distance. Tout cela dans un travail de finesse au niveau des arrangements de Laurent Audemard.

René Sette : C’est d’abord la rencontre de deux personnalités du chant « profond », capables de chanter en solo des monodies. On avait déjà une ressemblance des répertoires et de la façon de l’interpréter. Existait donc l’envie de croiser ces deux possibilités pour voir ce que cela donnait.

Laurent Audemard : Il est important d’aller voir les gens chez eux. Yann nous a fait visiter son pays, ses églises, etc… Après tu parles d’une musique reliée à la vie de tous les jours. Ce n’est pas une création dégagée de ses contextes. J’ai ainsi écouté tous les enregistrements de Renat ou ceux de Yann depuis ses débuts jusqu’à ses expériences avec Didier Squiban ou Dan Ar Braz. J’ai analysé dans quels types de créations ils s’étaient impliqués. Ce qui m’a permis de retrouver des textes et des mélodies travaillées différemment, qu’il s’agisse d’un duo ou de quinze musiciens. J’ai pu constater par exemple que Yann conservait des choses très précises dans son duo avec le violoncelliste Aldo Ripoche. En l’occurrence ce qui lui fallait pour chanter. Voilà pourquoi il faut prendre beaucoup de temps pour comprendre un système musical avant de se demander si l’on peut ou pas changer l’harmonie, la rythmique, faire apparaître différemment la mélodie.

Trad Mag : Comment ce travail collectif s’est-il affirmé ?

J.F.K : A partir du moment où nous nous sommes rencontrés en Bretagne et que nous avons commencé à écouter des sons, des timbres, s’est posée la question des tonalités, des modes. Sans que chacun ne perde ce qui lui était essentiel. Par exemple pour moi, la prosodie, la rime, cette musique de la langue qui fait que j’évolue dans une dimension très libre alors que Laurent dans son travail d’écriture avait à faire avec des codes, des choses très carrées, précises. Ainsi, il nous a fallu inventer un langage pour pouvoir articuler tout cela.

Trad Mag : Une fois le périmètre défini comment s’est précisé le répertoire?

R.S: Nous avions beaucoup de matériaux. Pour ma part, des recueils de collectages du XIXe siècle, de Damase Arbaud, mais aussi issu de mon propre travail de terrain. Pour Yann, il en était de même. Quant aux thèmes, ils pouvaient chasser depuis des chants de la terre jusqu’au populaire religieux. Dès lors, comment trouver une thématique qui ne nous enferme pas trop et à la fois qui ne soit pas trop large afin d’éviter le patchwork ? On a décidé de cibler l’idée du voyage, du passage. Se ièu sabiàu volar (Si je savais voler), le premier morceau, dessine bien l’imaginaire entre la Bretagne et l’Occitanie et celui de la rencontre. Mais dans Lo Presonier (Le prisonnier), inspiré d’un texte anonyme retrouvé dans la prison de Forcalquier, l’espace-temps n’est plus le même. De même dans La Fialosa (La fileuse), on voit le temps qui passe à travers les fils de couleurs, depuis le blanc de la naissance jusqu’au noir qui fera le linceul.

Y.F.K : Nous sommes partis sur une idée d’équilibre entre les imaginaires occitan et breton y compris dans le déroulé du concert. Certains chants étaient évidents comme Lei bofets (Les soufflets), un air de carnaval qu’on retrouvait dans les deux régions. Ou encore la litanie des nombres qu’on retrouve en Bretagne dans Gousperou ar raned (Les vêpres des grenouilles) et en Provence dans Lei nombres. Mais nous avons choisi aussi des textes contemporains comme les poèmes de Jean-Yves Royer.

Trad Mag : Quelle philosophie a présidé aux arrangements ?

R.S : Tout en laissant la place aux instruments, nous souhaitions des arrangements qui conservent les couleurs spécifiques à notre chant. C’est ce travail de précision de Laurent Audemard et de François Fava qui a permis que cela fonctionne. C’est toute la différence entre l’aïoli et la macédoine !

L.A : Certains morceaux sont peu arrangés. Ainsi pour la suite de danses plinn on a conservé le kan ha diskan, voix-hautbois. Pour les basses, j’avais donné un canevas et j’ai laissé François improviser sur les parties d’accompagnements. Ainsi il pouvait développer sa propre « histoire » à partir de certains points d’appui. C’est à la fois des choix et des libertés…

Trad Mag : Quels exemples de ces transmutations ?

F.F : Sur Duc’hont ‘ar ar mane  il y a un intro instrumentale durant laquelle on déstructure le morceau, partant de cellules rythmiques qui n’ont rien à voir entre elles et l’on arrive au démarrage du chant. A ce moment-là, Yann envoie la vraie rythmique et nous revenons dessus. On procède avec deux basses (clarinette basse et sax-baryton), ce qui n’est pas du tout habituel, et l’on travaille sur des riffs de basse au début. Puis, il y a un passage durant lequel les chanteurs dansent et nous jouons la mélodie. Ensuite, les chanteurs reviennent a cappella, nous revenons Laurent et moi sur des ambiances harmoniques, les chanteurs assumant la rythmique et, au final, l’on retrouve le début. Nous avons donc inventé tout un trajet qui n’est plus le hanter dro du fest-noz qui se doit de porter la danse. Pour autant notre arrangement permet de danser. Seulement on a changé les points de vue…

Trad Mag : Comment s’est fait le travail d’ajustage ?

R.S : Ce qui m’a étonné, c’est le travail de Laurent Audemard qui analyse tout en profondeur, met à plat, écoute les tonalités, écrit, propose des trames. Il décortique tellement les pièces musicales qu’il retrouve la mélodie originelle alors que nous, parfois à force de les répéter, on en perd un peu le sens. Il arrive ainsi à optimiser les possibilités et voir comment les choses peuvent se marier. Ce fut du velours pour nous !

Y.F.K : Nous interprétons un très beau chant de fileuses dont la métaphore évoque des fils de couleur. Le travail d’arrangement est à cette image. On passe du diaphane au minéral avec la bombarde qui sonne. C’est après qu’on s’en rend compte. J’ai déjà travaillé avec des gens du jazz ou du free-jazz, mais je ne me sentais pas autant dans mon élément. C’est passionnant de travailler avec des instrumentistes qui sont aussi à l’écoute. C’est une autoroute !

Trad Mag : Quels problèmes avec à la langue ?

R.S :  J’ai l’habitude de m’adapter à des langues méditerranéennes. Ainsi en Italie, il m’est arrivé de chanter en calabrais ou en piémontais. Idem pour le castillan, le catalan des langues maghrébines. Je suis habitué à travailler avec des Méditerranéens. Là franchement, la langue bretonne j’en connaissais très peu et j’appréhendais. Ceci dit, on fonctionne par clin d’œil. Ainsi pour Maria Madalena qu’on chante à deux, j’avais envie de m’impliquer dans le breton et ce n’était pas gagné d’avance. Je dis toujours que c’était plus facile pour Yann à cause de l’usage du français. Lui dit que non car il a avec le provençal des histoires de toniques (rire).

Y.F.K :  Le provençal c’est très complexe ! Il ne s’agit pas seulement d’un travail d’oreille. Chanter en provençal ce n’est pas prononcer les sons plus ou moins fermés. C’est aller au plus profond d’une culture, de l’Autre. Sans parler de rythmiques auxquelles, nous bretons, nous ne sommes pas habitués. En outre, j’ai l’habitude de travailler avec un clavier ou des cordes, alors qu’il s’agit cette fois de sax, de clarinettes, de hautbois. Ce qui nous contraint à être dans une respiration commune.

Trad Mag : La mise en espace de vos imaginaires suscite en définitive quelque chose de très visuel, latin d’un côté d’un côté, plus celte et introverti de l’autre.   

R.S : Cette démarche expressive vient du fait que nous faisons du one-man-show. C’est assez gestuel mais, pour ma part, je mets le frein parce qu’il faut faire un équilibre à quatre (rire !) et qu’il y a aussi une expression physique des instruments.

Trad Mag : Ce spectacle déroule un filigrane assez métaphysique.

R.S : Une chanson, c’est comme un caillou que tu mets à côté d’un autre pour faire un mur qui dégagera une force. Nous avons la chance d’avoir des chants simples qui souvent véhiculent un message, une réflexion par rapport à la vie, la mort, l’humain. Ainsi nous donnons des clefs. Certaines des chansons que nous avons choisies, comme Le Caladeur, sont effectivement d’une grande profondeur.

Trad Mag : Cette création représente en fait un an d’apprivoisement mutuel.

L.A : Quand l’idée fut mise sur pied, on a pris sur nous de se rencontrer en Bretagne ou dans le Sud, de faire connaissance. Quand on a démarré à Correns et qu’on a vu les arrangements écrits, ce fut vertigineux. Depuis on n’a fait que nourrir ce travail, le sophistiquer, lui donner des prolongements. C’est un investissement intense, mais pour le chanteur aussi il faut un temps de maturation.

Propos recueillis par Frank Tenaille.

(Interviews volontairement réalisés séparément).

 

(*) Si je savais voler/ Une production du Chantier (Centre de création des nouvelles musiques traditionnelles et du monde). Fort Gibron, BP 4-83570 Correns

Tel : 04.94.59.56.40

http://www.le-chantier.com

 

Encart :

 

VENDANGE POETIQUE

 

En 2008, Max Rouquette (1908-2005), le grand écrivain occitan, aurait eu cent ans. Dans le cadre des nombreuses initiatives en Occitanie qui saluent sa trajectoire et son œuvre, une création, Rasims de lune (Raisins de lune), a été présentée fin juin à l’Opéra Comédie de Montpellier réunissant des musiciens, les voix des Manufactures verbales et, en récitant, Roland Pécout. C’est aussi à Laurent Audemard qu’avait été demandée la mise en musique des poèmes et proses de l’auteur de Vert Paradis. Une vraie gageure puisque cette création prévue pour octobre fut avancée de quatre mois pour coïncider avec Total Festum (rendez-vous décentralisé de la culture d’Oc dans tout le Languedoc-Roussillon par la Région). Ce qui a contraint le leader du groupe Une Anche Passe à un travail de composition à marche forcée, lequel, s’immergeant dans l’œuvre poétique de Max Rouquette, choisira dix-neuf textes avant de travailler partitions avec ses complices grâce à l’aide d’Internet. Un pari réussi qui mériterait à présent que cette création, tout à fait fidèle à la dimension animiste de l’homme d’Argelliers, puisse être reprise ailleurs.

F.T

 

(*) Avec Laurent Audemard (clarinettes, hautbois languedocien, François Fava et Henri Donnadieu (saxophones), Guillaume Séguron (contrebasse), Denis Fournier (percussion), Les Manufactures verbale (quatuor vocal), Roland Pécout (récitant). Création soutenue par le Languedoc Roussillon. Contacts : Amistats Max Rouquette, Chantal Gimenez : 06.82.01.11.36 / Laurent Audemard : 06 10 77 61 15

Franck Tenaille

PORT ROYAL

septembre 16, 2008

C’était dimanche 14 Septembre dans le cadre du Festival D’Ile de France.
Superbe journée, superbe concert et superbe public !

L’Été était enfin là pour la sortie de l’album. Comme quoi !

BOUILLON – Suite

avril 25, 2008

Samedi 12 avril, j’ai eu la chance d’assister à une superbe soirée.

A l’Archéoscope de Bouillon (dans les Ardennes belges) ils avaient eu l’excellente idée d’inviter Yann-Fanch Kemener pour un concert.

Oui, Yann-Fanch Kemener, un des plus grands chanteurs Bretons, était venu faire un tour en Belgique.

Je le connaissais déjà grâce à deux cd enregistrés avec le pianiste Didier Squiban et à sa participation dans l’Héritage des Celtes.

Samedi soir, ce fut encore bien plus intense !

En première partie, l’Académie de Bouillon présentait une classe de jeunes guitaristes qui virent jouer une dizaines de morceaux issus du répertoire celtique.

Ballades irlandaises, danses de Bretagne, mélodies écossaises, tout fut bien interprété par une douzaine de guitaristes en herbe.
Une belle manière de rendre hommage à l’invité du jour qui apprécia leur prestation.

Attablé comme dans un café-théâtre, le public était venu remplir la jolie salle de l’Archéoscope.

Une ambiance feutrée où dominaient les tons de bruns et de rouge qui évoquaient d’avantage l’automne que le printemps.

Aldo Ripoche monta sur scène avec son violoncelle puis Yann-Fanch arriva en souriant.

Yann-Fanch Kemener salua le public en annonçant qu’il allait chanter en Breton.

Si vous ne comprenez pas, dit-il, n’hésitez pas à vous adresser à un de vos voisins qui lui le comprend.

Le ton était lancé !

Et il en allait être ainsi durant tout le spectacle car en plus de l’humour, Yann-Fanch dialogue et entretient une grande complicité avec le public jusqu’à la fin.

Il démarre avec une danse bretonne, l’an dro « Ker-Pondi ».

Dès les premières mesures, on peut admirer sa voix remarquable et la façon dont il marque le rythme avec des mouvements du bras et du pied.

J’étais très curieux d’entendre l’accompagnement du violoncelle.

J’avais un apriori car dans mon esprit, cet instrument classique a peu de relief et a des sonorités plutôt tristes.
j’ai très vite changé d’avis.

Aldo Ripoche est un musicien extra-ordinaire.

Bien que de formation classique, il a une manière de jouer à la fois très personnelle et débridée.

Il parvient à tirer des sons incroyables de son instrument qu’il tient en équilibre entre ses jambes.

Il manie son archet de façon très énergique et balance son intrument dans tous les sens.

Dans les morceaux rythmés, il joue également en pizzicato (en pinçant les cordes et sans archet) imitant ainsi la contre-basse.
j’ai donc été très surpris par le registre de cet instrument dont la profondeur convient parfaitement aux complaintes mais qui est également capable de très bien marquer le rythme.

Par sa voix très agréable, Yann-Fanch Kemener nous touche en alternant les chants à danser et les chansons plus graves.

Même si on ne comprend pas, on est envoûté par la chaleur des mots, par l’harmonie des notes et la beauté des arrangements.

Yann-Fanch nous présente aussi le contexte de chaque titre.

Et parfois, il récite des poèmes (comme ce magnifique texte de Xavier Grall) ou bien va jusqu’à nous raconter des contes ou des récits comme celui consacré à St.Yves.

Alternant ainsi les plages en Breton et en Français.

Et le concert se déroule comme un film où le public est captivé par cette voix magique, par cette langue bretonne qu’il finit par apprivoiser, par le jeu formidable de ce violon…celte.

« Kanet Berjelennig » (chantez bergère) sur un rythme d’ hanter-dro succède à de superbes mélodies comme « Me zo ganet e kreiz ar mor » (je suis né ou milieu de la mer) ou Keris (la cité d’Ys).

Nous ne sommes pourtant pas au bout de nos surprises.

Dans la dernière partie du spectacle, Yann-Fanch s’assied pour interpréter une série de « dans plinn ». Et « danse » est bien le mot qui convient puisque tout en chantant son kan ha diskan, il marque le rythme en martelant le sol avec ses pieds.

Du grand art, car cela nécessite une belle coordination.

Aldo Ripoche lui répond en utilisant toutes les resources de son violoncelle.

Un très grand moment de musique bretonne !

Des applaudissements nourris d’un public à la fois conquis et émerveillé par tant de talent et de simplicité.

Je suis convaincu que les gens qui ne connaissaient pas Yann-Fanch (c’était le cas des amis qui m’accompagnaient) ont vraiment été très heureux de cette découverte.

A la fin du spectacle, Yann-Fanch salua le public et retourna tanquillement à la table de ses amis.

De nombreux fans virent le saluer et échanger quelques mots avec lui.

Nous sommes restés encore un moment à notre place afin d’un peu prolonger ce moment de musique et de poésie.

Une soirée à la fois envoûtante et magique.

Prolongement :

En quittant, la salle, j’avais déploré avoir oublié d’emporter mon appareil photo pour le concert.

Il se fait que mes amis de Bouillon sont liés avec un des organisateurs qui lui-même est un ami de Yann-Fanch.

Comme Yann-Fanch et Aldo logeaient chez lui, il me proposa de lui demander si je pouvais aller le photographier le lendemain matin.

Et le lendemain, il nous téléphona pour nous dire que Yann-Fanch voulait bien nous recevoir !

J’ai donc eu la grande chance de pouvoir le rencontrer.

Au delà de la photo, Yann-Fanch nous a reçu avec beaucoup de gentillesse.

Nous étions là pour dix minutes mais nous sommes finalement restés une heure !

Intarissable, érudit, philosophe, Yann-Fanch est quelqu’un de très intéressant à écouter.

Passionné par la Tradition, tout ce qui touche à la Bretagne EST sa vie.

A la fois enseignant, écrivain, chanteur il a toujours été plongé dans la musique traditionnelle.

Sa grand-mère déjà était chanteuse, sa mère  et d’autres membres de sa famille aussi.

Yann-Fanch Kemener a utilisé cet héritage non seulement en s’initiant au chant, au kan ha diskan ou à la danse ; il a aussi effectué de nombreux collectages auprès des anciens.

Tous ces collectages (qui datent depuis de nombreuses années en Bretagne) ont permis  de sauvgarder un patrimoine très riche qui sans cela serait tombé dans l’oubli.

Yann-Fanch et les autres, grâce à leur travail d’artisans on contribué à rendre vivante cette langue et cette musique.

Sans concession, sans sacrifier à des formes plus commerciales.

Comme disait Yann-Fanch, la chanson traditionnelle  se chantait autrefois à capella.

Il est sans cesse en recherche de nouveaux arrangements pour sa musique, de nouvelles possibilités d’interprétation.

Il nous a parlé de ses derniers disques : « An Dorn » (la main) en duo avec Aldo et « Dialogues » avec en plus du violoncelle, le piano  de Florence Pavie.
Deux nouveaux cd seront bientôt enregistrés en 2008.

Des tournées à l’étranger (y compris au Mexique !) et bien sûr en France.

Bref de nombreux projets pour cet homme qui avoue manquer de temps pour tout faire et qui déplore que les artistes Bretons soient si mal distribués.

Nous avons pris congé en le remerciant encore de nous avoir accordé de son temps.
Lui et Aldo (également très sympa) dédicacèrent nos cd.

Le souvenir de cette rencontre restera pour moi un moment unique et rare.
Yann-Fanch Kemener, à la fois un très grand artiste et un homme de qualité.

Kanit,kanit berjelennig, kar me gav’ bra ho ton

O no reital ma’ ho klevan, rejouisa ma c’halon…  

Jean-François Laschet

Soirée mémorable

janvier 30, 2008

C’était à Quimper le 25 Janvier dernier. En compagnie du groupe québécois  » Le vent du nord » –  » Dialogues  » se rencontrait et improvisait, pour notre plus grand bonheur !Concerts, Kig ha farz, conversations et fest noz avec Eric Menneteau 

dsc_0053.jpgdsc_0077.jpgdsc_0080.jpg © Théâtre de Cornouaille.

 

  • La soirée Festival Ouest Nord Ouest, réunissait, vendredi soir au Théâtre de Cornouaille, Yann Fanch Kemener, Florence Pavie, Aldo Ripoche, les trois mémorables interprètes du beau « Dialogues », déjà présenté en mars 2007 à l’atelier de ce même théâtre. Simon Beaudry, Nicolas Boulerice, Réjean Brunet et Olivier Demers, membres du groupe Québécois Vent Du Nord, présentaient, en seconde partie de soirée, leur beau répertoire traditionnel.
  • « Dialogues », tout d’abord célèbre le Barzaz Breiz, la musique d’Adolphe Mahieux, compositeur brestois très apprécié dans l’entre deux-guerre et de Charles Koechlin, inspiré, lui aussi par les musiques recueillies par Hersart de la Villemarqué. Depuis sa création, « Dialogues » a grandi. Le trio, voix, piano, violoncelle a pris une belle assurance et a joliment mûrit. Dans la lumière sombre, la voix du chanteur, plus belle, plus expressive que jamais, fait merveille. Gwerziou, poèmes, chansons pour apprendre ou pour danser, chaque spectateur est touché. Le piano, le violoncelle offrent l’émotion d’une profonde « Prière », signée Ernest Bloch et Yann Fanch Kemener conduit son auditoire sur les chemins de la danse. Parfois, les musiciens de Vent du Nord rejoignent les bretons pour donner d’autres couleurs, d’autres tons, séduisants, émouvants à la musique. Puis, interprètes et public se retrouvent dans les coulisses du théâtre où les attendent un superbe et savoureux Kig ha Farz.
  • Au Québec
  • Le violon, les guitares, le piano, la voix, les accordéons, la vièle prennent ensuite la relève et les musiques mâtinées d’accents irlandais, écossais, emplissent le théâtre. Simon Beaudry et ses complices soulignent parfois les similitudes entre les musiques de Bretagne et celles de chez eux. Alors Yann Fanch Kemener revient et comme pour illustrer ce propos, entonne avec ses amis, une chanson.  Les Québécois sur un rythme joyeux, égrènent des histoires éternelles. On aime follement leurs chants si bien harmonisés. À leur invitation, le public, un peu froid, il faut le dire, se lève, et pour accompagner une chanson dédiée à un vieux cheval au bord de la mort, frappe le sol de ses souliers. Puis les instruments explorent d’autres tonalités, d’autres tempos si entraînants encore, que, pour un peu, on danserait. Pour conclure en beauté, bretons et québécois se retrouvent et le concert s’achève magnifiquement.
  • Les plus courageux, entament ensuite une vivante gavotte dans les coursives du théâtre, Eric Menneteau et Yann Fanch Kemener, décidemment infatigables, mènent, de leur voix, la danse jusqu’à tard dans la nuit.
  • Eliane Faucon-Dumont 
 
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Dans les airs et Dialogues :

Sur invitation du Théâtre de Cornouaille à Quimper en Bretagne (29)Le Vent du Nord a présenté, le 25 janvier, un vibrant concert en compagnie du chanteur breton Yann-Fanch Kemener ainsi que du violoncelliste de formation classique Aldo Ripoche et de l‘étonnante pianisteFlorence Pavie  Lors de cette soirée, on a découvert une belle amitié musicale, un univers de sensibilités émouvantes et une musique actuelle inspirée des liens intrinsèques qui lient les répertoires de chant et de musique de la basse Bretagne et du Québec Des efforts sont engagés pour faire en sorte que ce travail de création se poursuive et que ce concert de très haut niveau puisse être présenté à nouveau au cours des mois à venir.  

Hommage à A.ROBIN – Printemps des poètes suites…

avril 8, 2007

Dans le cadre du printemps des poètes, nous avons rendu hommage à Armand Robin – Poète et traducteur, d’origine Rostrenoise. A cette occasion une soirée, lecture et chant était proposée à Guéméné sur scorff à « l’auberge » des 3 Marchands; une série de conférence au lycée-Collège de Campostal de Rostrenen le samedi matin et un spectacle: « je viens de la solitude » par Nicolas Mourer le dimanche après midi à Ste Catherine en Plounevezel. J’y apportais également mon apport de quelques chants et lectures.

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Photo ©Vincent D’eaubonne – Guéméné sur Scorff le 17mars 2007

Collège de pataphysique – Etats généraux du poil – Paris – Palais de Tokyo les 30; 31 mars et 1er Avril

mars 26, 2007


Sous l’épitropie de Claude Gudin et de Thieri Foulc – Une proposition du collège de pataphysique – Les états généraux du poil

J’y présenterai « le Poil Breton » – Digemer mat – Bienvenue !

Partant du postulat que la pataphysique est la science des solutions imaginaires, qui accorde symboliquement aux linéaments les propriétés des objets décrits par leur virtualité.
Il était naturel de considérer la Gidouille comme l’égal du poil, sinon son origine.
L’un et l’autre s’enroulant et se déroulant à volonté et inversement.

« Hommage à la gidouille de langue bretonne »

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À lire à l’endroit comme à l’envers.

Je n’ai point de ressource,
En maison, ni en bien :
J’ai cinq sous dans ma bourse,
Voilà tout mon bien.

Et moi, j’y vais bon train, en roulant ma misère,
Et moi, j’y vais bon train, en mendiant mon pain !

Me n’am eus ket a goproù,
Na tamm ti, na madoù :
Pemp gwennek em c’hodeloù,
Setu aze ma holl madoù.

Alfred Jarry – L’amour absolu – Le Christ errant . Traduction en breton YF Kemener

Entre la lande et le piano

mars 19, 2007

Par Bertrand DICALE – Le 10 Mars 2007dialogues-pub-telegramme.jpgYann-Fanch Kemener, entre la lande et le pianoMUSIQUE Aux Abbesses, le chanteur breton reprend les harmonisations du « Barzaz Breiz » par le compositeur Charles Koechlin.QUELQUES artistes savent être passionnés tout autant de conservation que de création. Le cheminement de Yann-Fanch Kemener concilie le naturel d’un bretonnant ayant toujours baigné dans la culture ancienne et les sophistications d’un chanteur exigeant et lettré. Peu après la sortie du disque Dialogues (chez Buda Musique), il le présente aujourd’hui et demain au Théâtre des Abbesses en compagnie du violoncelliste Aldo Ripoche et de la pianiste Florence Pavie. Au coeur du disque comme du spectacle, une matière subtile et rauque, puissante et délicate : les harmonisations écrites à l’orée des années 1930 par le compositeur Charles Koechlin sur des mélodies traditionnelles transcrites un siècle plus tôt par Théodore Hersart de La Villemarqué dans son Barzaz Breiz, le plus célèbre des recueils de chants bretons. « On trouve là des passerelles entre le chant et l’instrumentation, entre le populaire et le savant, note Kemener. ­Koechlin respecte les mélodies d’origine mais leur donne une autre couleur par l’harmonisation. C’est un travail de l’époque post-romantique sur la matière populaire. À l’époque, Manuel de Falla a écrit à Koechlin pour le féliciter pour ses harmonisations. »Çà et là, dans le disque comme sur scène, Yann-Fanch Kemener a choisi, outre les partitions de Koechlin, de chanter « en miroir, la version populaire – ou du moins la version populaire telle que je l’entends ». Car, évidemment, se pose la question de la distance au modèle : « Les mélodies transcrites par La Villemarqué n’étaient sans doute pas chantées, par exemple, avec des barres de mesure : j’ai assez côtoyé les anciens pour savoir que ce n’est pas vrai. » De même, rien ne prouve que Koechlin connaissait le chant breton in vivo : « A-t-il entendu les chanteurs sur le terrain ? Je n’ai pas de réponse. À mon avis, il n’a travaillé que sur les mélodies. Ou, plutôt, ce sont les mélodies du Barzaz Breiz qui l’ont inspiré. » Entre lande et salon, entre âpreté de la langue et lyrisme des instruments, Dialogues multiplie à l’envi les sources de splendeur. Pour l’interprétation, Kemener parle d’ « une liberté imposée par le texte ».Alors qu’il travaille sur scène le répertoire de Dialogues, Kemener pense déjà à l’aventure suivante : « Travailler toujours avec Aldo Ripoche au violoncelle, mais avec une violoniste et une claveciniste sur des mélodies vannetaises. Dans ce répertoire, l’ambitus est plus grand que dans la gwerz, plus lyrique. J’aimerais enregistrer cette année. » Il s’est frotté parfois aux textures des musiques dites « actuelles », comme avec les synthétiseurs du groupe Barzaz. Mais il préfère explorer les noces avec des instruments acoustiques – « comme une musique de chambre ».Théâtre des Abbesses, aujourd’hui à 17 heures, le 11 à 15 heures. Tél. : 01 42 74 22 77.

En Mars – Après le théâtre de la ville – Hommage à A. Robin

février 7, 2007

A Guéméné sur scorff et Rostrenen les 17 et 18 Mars.

Le programme

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Langues

J’ai commencé par le breton,
Brume exquise où l’âme se mire d’une brume à l’autre
Et n’arrive jamais à se dévoiler
Grand effort dans la brume !

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Le mauvis de proche nuit

O sainte nef de la nuit plafonnée de velours,
Haute nef de la nuit,
De stellaires lampes à tes lustres luisent !
Nuit pure, si gente en ta calme nuitée…
Ni bruits chutant, ni chuchotis…
Seul, là-bas, au long du lac, le silence des chutes
De grenouilles en la fraîcheur de l’onde.

 » Milc’hwid ar serr-noz de Maodez Glanndour traduit par Robin »

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Kerfloc’h en Plouguernevel (22) – Village natal de Robin
Photo prise par Mme Huguette Bourdon
Fonds Alain Bourdon. Ces photos et quelques rares manuscrits (3 valises) furent ramassés quelques jours après sa mort

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Au Théâtre de la ville – Les « Abbesses » – PARIS

janvier 26, 2007


Au Théâtre des Abbesses – Les 10 & 11 Mars prochains. Spectacle « Dialogues »

Renseignements pratiques:

Lieu : 31, rue des Abbesses – 75018 – Paris.
Horaires: Le samedi 10 Mars à 17H – Le dimanche 11 Mars à 15H.
Tel – renseignements & réservations : 01 42 74 22 77. ( Consulter le site du théâtre de la ville de Paris )


© Photo J-Charles Druais

Vous l’avez certainement croisé dans un fest-noz, écouté chanter dans l’intimité d’une chapelle quelque part en Bretagne, ou ailleurs, peut-être sur la scène de Radio France ou des Nuits celtiques. Une rencontre inoubliable : sa voix fascine, sa présence s’impose comme un évident symbole de l’authenticité.

Passeur de Mémoire

Yann-Fañch Kemener plonge ses racines dans une double tradition : la tradition familiale (sa mère chantait, comme ses oncles et tantes), mais aussi celle du pays plinn qui l’a vu naître, en Haute-Cornouaille, aux confins du pays vannetais et du Trégor. Sainte-Tréphine fut longtemps pour lui le centre du monde et le breton sa première langue. C’est dans ce Centre Bretagne, si riche de traditions jalousement préservées, qu’il a trouvé ses informateurs, ou mieux ses « maîtres. Il en a recueilli l’héritage, aujourd’hui généreusement mis à la disposition de tous dans ses Carnets de Route. Surtout, il a pu, sur cette base, constituer son propre répertoire : complaintes (gwerzioù), cantiques, airs à danser (kan ha diskan) auxquels s’ajoutent les contes et l’univers de la poésie. Ne nous y trompons pas : le mot et la rime comptent pour lui autant que la mélodie et le rythme. Au-delà des catégories, tout à la fois chanteur, collecteur, diseur, conteur, Yann-Fañch Kemener est un Passeur de Mémoire.

Une musique vivante

Pour autant, il n’est pas un homme du passé, bien au contraire, et l’espace sonore dans lequel il évolue, n’est en rien figé. Une idée lui est particulièrement chère : la musique traditionnelle est une musique vivante, en évolution et qui invite, dans un espace sonore défini, à la création et à l’échange. Une conception illustrée par Dialogues et qui donne sa cohérence à une série de rencontres qui jalonnent son parcours : Didier Squiban avec qui il se produisit un temps, dans les années 90, pour notre plus grand bonheur, le jazzman François Corneloup, Dominique Vellard, le fondateur de l’ensemble Binchois, avec qui il travailla sur les chants religieux , Jean-Yves Bosseur dont il créa Vent d’Ouest, sur des poèmes de Kenneth White. Yann-Fanch Kemener est, d’ailleurs, l’un des rares chanteurs traditionnels à aller vers la musique classique. Il a même chanté en duo avec Patricia Petitbon. Une belle ouverture d’esprit !
Depuis quelques années, c’est accompagné par le violoncelliste Aldo Ripoche qu’il monte sur scène. L’intérêt de ce dernier pour la musique baroque, ses pratiques et modes de jeu, a favorisé la rencontre entre les deux musiciens, l’un populaire, l’autre savant, et établi entre eux une complicité qui fonctionne à merveille. Il est vrai qu’Aldo Ripoche est lui-même l’héritier d’une tradition : son père était violoncelliste, élève et ami de Pablo Casals. C’est désormais ensemble qu’ils conçoivent leur spectacle tant sur le plan musical que scénique.
Avec au piano Florence Pavie, le duo est devenu trio pour Dialogues et cet élargissement donne à l’ensemble une autre couleur, voire une connotation plus classique. Qu’importe ! La Villemarqué n’a-t-il pas introduit le piano, pour accompagner les chants du Barzaz-Breiz dès la seconde édition (1848) du mythique recueil.

Dialogues : un pari réussi

Les collectes de La Villemarqué, de Bourgault-Ducoudray, de Claudine Mazéas dans les années 50 et au début des années 60 et celles de Yann-Fañch Kemener lui-même fournissent la matière de ce spectacle créé, au Théâtre de Cornouaille de Quimper, les 30 et 31 mars 2006. Le propos est audacieux : avec ses deux partenaires, Yann-Fañch Kemener explore les interférences entre musique traditionnelle et musique savante, leurs apports mutuels, leurs dialogues comme le suggère le titre même du spectacle où les clins d’œil et jeux de miroirs se multiplient. Le prétexte ? Un petit chef d’œuvre oublié, les Chansons Bretonnes (extraites du Barzaz-Breiz), mises en musique pour violoncelle et piano au début des années 30 par Charles Koechlin (1867-1950). Une redécouverte aussi : l’œuvre du compositeur breton, Adolphe Mahieux (1892-1931), formé dans la tradition de César Franck, dont la romance pour violoncelle et piano, Le Druide, est un pur joyau. Elle devient même la première œuvre jamais enregistrée de ce compositeur, injustement oublié.
Pour garder intacte la force de la mélodie populaire portée par la valeur intrinsèque du mot, Yann-Fañch Kemener fait sonner la langue. Avec ses partenaires, il met en scène le son comme le mot ; il les sculpte et, comme un peintre, tente d’en saisir toutes les couleurs en jouant avec l’espace , la lumière, le geste, un travail qui fait partie intégrante du pouvoir créateur de l’artiste et de son regard critique. L’émotion est préservée, la tradition sublimée. Emerveillés, nous voyons la magie s’opérer. Le dialogue se noue, la musique vit.

Marie-Claire Mussat – Extrait du journal du théâtre de la ville N° 158

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SILVESTRIG
Carnets de route de Y-F Kemener, pour le texte – air recueilli par Bourgault-Ducoudray.

Etre chapel Sant Lôrañs ha lein montenn Mene’ Bre,
A zo tudchentil yaouank i sevel un arme,
Zo daou gapiten yaouank i sevel soudarded,
Ha me ‘m eus ur mab Jelvestrig hag a gonta monet,
………………………………………………………
Jelvestr ar Moal a lâre war baveoù Boulvriag :
– Setu aze ma mantell a roan dac’h, ma zad,
Setu aze ma mantell ha ma diw bistolenn
A roan dac’h-c’hwi, ma zad, evit ho pinijenn,

Jelvestr ar Moal a lâre, war ‘leve en Gwengamp,
Pe oe ‘ober e gimiad, na ! d’an holl dud yaouank :
– Nag adieu dac’h, Gwengampiz, parrouziz Plijedi,
Ha meur a ribatadennoù e m’omp grêt en enni ! »

Le petit Sylvestre

Entre la chapelle Saint-Laurent et le sommet du Ménez Bré,
Il y a des jeunes gentilshommes qui lèvent une armée,
Il y a deux jeunes capitaines qui lèvent des soldats,
J’ai un fils, Sylvestre, qui compte y aller.
…………………………………………………………
Sylvestre Le Moal disait sur les pavés de Bourbriac :
– Voici mon manteau que je vous donne, mon père,
Voici mon manteau et mes deux pistolets
Que je vous donne, mon père, pour votre pénitence.

Sylvestre Le Moal disait, sur la place à Guingamp,
Quand il faisait ses adieux aux jeunes gens :
– Adieu à vous, Guingampais, habitants de Plésidy,
Bien des ébats, nous y avons faits! »