Archive for the ‘« Dialogues »’ Category

Soirée mémorable

janvier 30, 2008

C’était à Quimper le 25 Janvier dernier. En compagnie du groupe québécois  » Le vent du nord » –  » Dialogues  » se rencontrait et improvisait, pour notre plus grand bonheur !Concerts, Kig ha farz, conversations et fest noz avec Eric Menneteau 

dsc_0053.jpgdsc_0077.jpgdsc_0080.jpg © Théâtre de Cornouaille.

 

  • La soirée Festival Ouest Nord Ouest, réunissait, vendredi soir au Théâtre de Cornouaille, Yann Fanch Kemener, Florence Pavie, Aldo Ripoche, les trois mémorables interprètes du beau « Dialogues », déjà présenté en mars 2007 à l’atelier de ce même théâtre. Simon Beaudry, Nicolas Boulerice, Réjean Brunet et Olivier Demers, membres du groupe Québécois Vent Du Nord, présentaient, en seconde partie de soirée, leur beau répertoire traditionnel.
  • « Dialogues », tout d’abord célèbre le Barzaz Breiz, la musique d’Adolphe Mahieux, compositeur brestois très apprécié dans l’entre deux-guerre et de Charles Koechlin, inspiré, lui aussi par les musiques recueillies par Hersart de la Villemarqué. Depuis sa création, « Dialogues » a grandi. Le trio, voix, piano, violoncelle a pris une belle assurance et a joliment mûrit. Dans la lumière sombre, la voix du chanteur, plus belle, plus expressive que jamais, fait merveille. Gwerziou, poèmes, chansons pour apprendre ou pour danser, chaque spectateur est touché. Le piano, le violoncelle offrent l’émotion d’une profonde « Prière », signée Ernest Bloch et Yann Fanch Kemener conduit son auditoire sur les chemins de la danse. Parfois, les musiciens de Vent du Nord rejoignent les bretons pour donner d’autres couleurs, d’autres tons, séduisants, émouvants à la musique. Puis, interprètes et public se retrouvent dans les coulisses du théâtre où les attendent un superbe et savoureux Kig ha Farz.
  • Au Québec
  • Le violon, les guitares, le piano, la voix, les accordéons, la vièle prennent ensuite la relève et les musiques mâtinées d’accents irlandais, écossais, emplissent le théâtre. Simon Beaudry et ses complices soulignent parfois les similitudes entre les musiques de Bretagne et celles de chez eux. Alors Yann Fanch Kemener revient et comme pour illustrer ce propos, entonne avec ses amis, une chanson.  Les Québécois sur un rythme joyeux, égrènent des histoires éternelles. On aime follement leurs chants si bien harmonisés. À leur invitation, le public, un peu froid, il faut le dire, se lève, et pour accompagner une chanson dédiée à un vieux cheval au bord de la mort, frappe le sol de ses souliers. Puis les instruments explorent d’autres tonalités, d’autres tempos si entraînants encore, que, pour un peu, on danserait. Pour conclure en beauté, bretons et québécois se retrouvent et le concert s’achève magnifiquement.
  • Les plus courageux, entament ensuite une vivante gavotte dans les coursives du théâtre, Eric Menneteau et Yann Fanch Kemener, décidemment infatigables, mènent, de leur voix, la danse jusqu’à tard dans la nuit.
  • Eliane Faucon-Dumont 
 
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Dans les airs et Dialogues :

Sur invitation du Théâtre de Cornouaille à Quimper en Bretagne (29)Le Vent du Nord a présenté, le 25 janvier, un vibrant concert en compagnie du chanteur breton Yann-Fanch Kemener ainsi que du violoncelliste de formation classique Aldo Ripoche et de l‘étonnante pianisteFlorence Pavie  Lors de cette soirée, on a découvert une belle amitié musicale, un univers de sensibilités émouvantes et une musique actuelle inspirée des liens intrinsèques qui lient les répertoires de chant et de musique de la basse Bretagne et du Québec Des efforts sont engagés pour faire en sorte que ce travail de création se poursuive et que ce concert de très haut niveau puisse être présenté à nouveau au cours des mois à venir.  

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Mondomix – N° 45

juin 26, 2007

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New Music From Brittany

juin 20, 2007

Presse CD  » Dialogues » New Music From Brittany by Lois Kuter Bro nevez N° 101-February 2007

New Music From Brittany

Florence Pavie, Yann-Fañch Kemener, Aldo. Ripoche. Dialogues. Buda Musique 3017490. 51’56 minutes.

Reviewed by Lois Kuter

This CD is derived from a stage performance called « Diologues » that was created and performed at the Théâtre de Cornouaille in Quimper in March 2006.
Yann-Fañch Kemener sings and sometimes recites song texts, working with pianist Florence Pavie and cellist Aldo Ripoche in a unique combination oftraditional Breton song and music with classical styles and composition. One can only imagine the dramatic effect of this performance on stage based on the emotional intensity of tbis CD. The performances are full of passion and underline the drama of traditional Breton songs where women are abducted by or married to men they do not love, where young men leave loved ones when drafted into the king’s army, or where magic and sorcery are ever-present and often menacing.

The songs from this CD are drawn from two famous 19th century collections: La Villemarqué’s Barzaz Breiz and Bourgault-Ducoudray’s Trente melodies populaires de Basse-Bretagne. And they are also drawn from songs collected and recorded by Claudine Mazéas in the 1950s and early 19608 and by Kemener himself (Carnets de route) who grew up with traditional songs around him. Kemener has carefully chosen and ananged the texts, and they are not sung as one might hear them at a fest noz or gathering of friends at a veillée, but performed for full dramaticeffect sometimes as much stated as sung. The piano and cello only add to the intense coloring of each piece.

While most of the songs and melodies on the CD are weIl known in Brittany, the performance here is far from the usual. There are two compositions that are not weIl known. « Prayer, » a cello and piano piece by Swissborn and American-naturalized composer Ernest Block (1880-1959) incorpora tes old Hebraic melodies. This piece leads into the Breton gwerz (ballad) « Ar Jouis » which recounts how a young girl is soldto a Jewish trader by her brother. Piano and cello are also featured in a composition by Breton composer Adolphe Mahieu (1892-1931) called « le Druide. »

This is a CD that requires some work on the part of the listener! Familiarity with the song texts – some of which are classics in the Breton tradition – and knowledge of Breton will definitely enhance one’s experience and appreciation for the way Kemener carefully crafts the words, singing style and interplay with cello and piano. The CD notes are helpful in describing how this performance is put together – the sources for the music and texts and the construction of the performance overall. Song texts are given in Breton and French with a very short synopsis in English. There are photos wmch give an idea ofhow the performance looked on stage.

This is not a CD you can casually throw on the CD player and then sit back and relax or multi-task as you listen. The passion of the performance requires your attention and an engagement of emotions. Whi1e probably best appreciated in a live performance where lighting and staging are part of the show, this is a remarkable recording in its innovative interplay of voice, piano and cello.

Bretagne Magazine

juin 19, 2007

Presse CD  » Dialogues » Jean Luc Germain – Bretagne Magazine numéro 37

Lyriques sortilèges

Après An Eur Glaz et An Dorn, d’une fière élégance sonore, le chanteur Yann Fanch Kemener poursuit sa collaboration fertile avec Aldo Ripoche. Comme deux marcheurs s’enfonçant dans les sous-bois d’une forêt aux sortilèges, ils s’avancent un peu plus avant dans la matière émouvante et lyrique de l’imaginaire breton, peuplé de chants et de voix. À la mélancolie du violoncelle et du timbre fin, presque grêle, du chantre se mêlent cette fois le délicat doigté de la pianiste Florence Pavie. 
Ensemble, ils bâtissent un pont subtil et inspiré entre la musique dite savante et la musique populaire traditionnelle où elle s’enracine.  On y découvrira le bouleversant Druide d’Adolphe Mahieux, enregistré pour la première fois, ou encore de puissantes harmonies entre le Barzaz Breiz et Charles Koechlin.  Superbe !

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Infos – Le théâtre de la ville – Les abbesses

février 17, 2007

Au Théâtre des Abbesses – Les 10 & 11 Mars prochains. Spectacle “Dialogues”

Renseignements pratiques:

Lieu : 31, rue des Abbesses – 75018 – Paris.
Horaires: Le samedi 10 Mars à 17H – Le dimanche 11 Mars à 15H.
Tel – renseignements & réservations : 01 42 74 22 77. ( Consulter le site du théâtre de la ville de Paris )

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© Photo J-Charles Druais

Au Théâtre de la ville – Les « Abbesses » – PARIS

janvier 26, 2007


Au Théâtre des Abbesses – Les 10 & 11 Mars prochains. Spectacle « Dialogues »

Renseignements pratiques:

Lieu : 31, rue des Abbesses – 75018 – Paris.
Horaires: Le samedi 10 Mars à 17H – Le dimanche 11 Mars à 15H.
Tel – renseignements & réservations : 01 42 74 22 77. ( Consulter le site du théâtre de la ville de Paris )


© Photo J-Charles Druais

Vous l’avez certainement croisé dans un fest-noz, écouté chanter dans l’intimité d’une chapelle quelque part en Bretagne, ou ailleurs, peut-être sur la scène de Radio France ou des Nuits celtiques. Une rencontre inoubliable : sa voix fascine, sa présence s’impose comme un évident symbole de l’authenticité.

Passeur de Mémoire

Yann-Fañch Kemener plonge ses racines dans une double tradition : la tradition familiale (sa mère chantait, comme ses oncles et tantes), mais aussi celle du pays plinn qui l’a vu naître, en Haute-Cornouaille, aux confins du pays vannetais et du Trégor. Sainte-Tréphine fut longtemps pour lui le centre du monde et le breton sa première langue. C’est dans ce Centre Bretagne, si riche de traditions jalousement préservées, qu’il a trouvé ses informateurs, ou mieux ses « maîtres. Il en a recueilli l’héritage, aujourd’hui généreusement mis à la disposition de tous dans ses Carnets de Route. Surtout, il a pu, sur cette base, constituer son propre répertoire : complaintes (gwerzioù), cantiques, airs à danser (kan ha diskan) auxquels s’ajoutent les contes et l’univers de la poésie. Ne nous y trompons pas : le mot et la rime comptent pour lui autant que la mélodie et le rythme. Au-delà des catégories, tout à la fois chanteur, collecteur, diseur, conteur, Yann-Fañch Kemener est un Passeur de Mémoire.

Une musique vivante

Pour autant, il n’est pas un homme du passé, bien au contraire, et l’espace sonore dans lequel il évolue, n’est en rien figé. Une idée lui est particulièrement chère : la musique traditionnelle est une musique vivante, en évolution et qui invite, dans un espace sonore défini, à la création et à l’échange. Une conception illustrée par Dialogues et qui donne sa cohérence à une série de rencontres qui jalonnent son parcours : Didier Squiban avec qui il se produisit un temps, dans les années 90, pour notre plus grand bonheur, le jazzman François Corneloup, Dominique Vellard, le fondateur de l’ensemble Binchois, avec qui il travailla sur les chants religieux , Jean-Yves Bosseur dont il créa Vent d’Ouest, sur des poèmes de Kenneth White. Yann-Fanch Kemener est, d’ailleurs, l’un des rares chanteurs traditionnels à aller vers la musique classique. Il a même chanté en duo avec Patricia Petitbon. Une belle ouverture d’esprit !
Depuis quelques années, c’est accompagné par le violoncelliste Aldo Ripoche qu’il monte sur scène. L’intérêt de ce dernier pour la musique baroque, ses pratiques et modes de jeu, a favorisé la rencontre entre les deux musiciens, l’un populaire, l’autre savant, et établi entre eux une complicité qui fonctionne à merveille. Il est vrai qu’Aldo Ripoche est lui-même l’héritier d’une tradition : son père était violoncelliste, élève et ami de Pablo Casals. C’est désormais ensemble qu’ils conçoivent leur spectacle tant sur le plan musical que scénique.
Avec au piano Florence Pavie, le duo est devenu trio pour Dialogues et cet élargissement donne à l’ensemble une autre couleur, voire une connotation plus classique. Qu’importe ! La Villemarqué n’a-t-il pas introduit le piano, pour accompagner les chants du Barzaz-Breiz dès la seconde édition (1848) du mythique recueil.

Dialogues : un pari réussi

Les collectes de La Villemarqué, de Bourgault-Ducoudray, de Claudine Mazéas dans les années 50 et au début des années 60 et celles de Yann-Fañch Kemener lui-même fournissent la matière de ce spectacle créé, au Théâtre de Cornouaille de Quimper, les 30 et 31 mars 2006. Le propos est audacieux : avec ses deux partenaires, Yann-Fañch Kemener explore les interférences entre musique traditionnelle et musique savante, leurs apports mutuels, leurs dialogues comme le suggère le titre même du spectacle où les clins d’œil et jeux de miroirs se multiplient. Le prétexte ? Un petit chef d’œuvre oublié, les Chansons Bretonnes (extraites du Barzaz-Breiz), mises en musique pour violoncelle et piano au début des années 30 par Charles Koechlin (1867-1950). Une redécouverte aussi : l’œuvre du compositeur breton, Adolphe Mahieux (1892-1931), formé dans la tradition de César Franck, dont la romance pour violoncelle et piano, Le Druide, est un pur joyau. Elle devient même la première œuvre jamais enregistrée de ce compositeur, injustement oublié.
Pour garder intacte la force de la mélodie populaire portée par la valeur intrinsèque du mot, Yann-Fañch Kemener fait sonner la langue. Avec ses partenaires, il met en scène le son comme le mot ; il les sculpte et, comme un peintre, tente d’en saisir toutes les couleurs en jouant avec l’espace , la lumière, le geste, un travail qui fait partie intégrante du pouvoir créateur de l’artiste et de son regard critique. L’émotion est préservée, la tradition sublimée. Emerveillés, nous voyons la magie s’opérer. Le dialogue se noue, la musique vit.

Marie-Claire Mussat – Extrait du journal du théâtre de la ville N° 158

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SILVESTRIG
Carnets de route de Y-F Kemener, pour le texte – air recueilli par Bourgault-Ducoudray.

Etre chapel Sant Lôrañs ha lein montenn Mene’ Bre,
A zo tudchentil yaouank i sevel un arme,
Zo daou gapiten yaouank i sevel soudarded,
Ha me ‘m eus ur mab Jelvestrig hag a gonta monet,
………………………………………………………
Jelvestr ar Moal a lâre war baveoù Boulvriag :
– Setu aze ma mantell a roan dac’h, ma zad,
Setu aze ma mantell ha ma diw bistolenn
A roan dac’h-c’hwi, ma zad, evit ho pinijenn,

Jelvestr ar Moal a lâre, war ‘leve en Gwengamp,
Pe oe ‘ober e gimiad, na ! d’an holl dud yaouank :
– Nag adieu dac’h, Gwengampiz, parrouziz Plijedi,
Ha meur a ribatadennoù e m’omp grêt en enni ! »

Le petit Sylvestre

Entre la chapelle Saint-Laurent et le sommet du Ménez Bré,
Il y a des jeunes gentilshommes qui lèvent une armée,
Il y a deux jeunes capitaines qui lèvent des soldats,
J’ai un fils, Sylvestre, qui compte y aller.
…………………………………………………………
Sylvestre Le Moal disait sur les pavés de Bourbriac :
– Voici mon manteau que je vous donne, mon père,
Voici mon manteau et mes deux pistolets
Que je vous donne, mon père, pour votre pénitence.

Sylvestre Le Moal disait, sur la place à Guingamp,
Quand il faisait ses adieux aux jeunes gens :
– Adieu à vous, Guingampais, habitants de Plésidy,
Bien des ébats, nous y avons faits! »

CD « Dialogues » Le dauphiné libéré

janvier 8, 2007

Presse CD  » Dialogues » Le dauphiné libéré du 14/12/06
– Révérence pour les musiciens

– Quand la saga bretonne donne de la voix, transcende le piano et séduit le violoncelle, classique et tradition sont aux anges.

– « Je chante la nuit, je chante le jour et je suis chagrin cependant. »

Va pour le chagrin mais si vous sortez les mouchoirs, c’est que l’émotion perdure. Quand il entre en poétique, le phrasé du chanteur breton Yann Fanch Kemener est de facto admirable et la mélancolie qu’il ventile n’est jamais qu’un sentiment parmi d’autres.

Sur cet album, le créateur –collecteur-chanteur met l’accent sur les affinités et les convergences possibles entre musiques populaires et tradition savante.

Il fallait un fier culot pour se lancer dans l’aventure, en toute complicité orchestrale. Le fait qu’il se soit entouré de deux pointures, en l’espèce la pianiste Florence Pavie et le violoncelliste Aldo Ripoche ajoutait au sérieux de l’exercice. Les mélodies populaires, romances
et ballades ici présentées, s’enrichissent de combinaisons harmoniques et du travail souterrain mené par le trio dans ses arrangements.

Le Barzaz Breiz qui regroupe les chansons issues du régional breton trouve bien sûr sa place aux côtés des carnets de route du voyageur Kemener. On y côtoie Merlin au berceau, Azenor la pâle, le comte de Poitou, le marquis de Pont-Callec mais la révérence d’ordinaire dévolue aux aristos s’adresse cette fois aux musiciens. 18 carats.

Jean-Pierre Gandebeuf

Presse « Dialogues »: Ouest-France; Le dauphiné libéré

janvier 4, 2007

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Ouest-France 31/12/06

Presse – Le télégramme, par Eliane Faucon-Dumont.

décembre 22, 2006

Au mois de mars dernier, Yann Fanch Kemener, Aldo Ripoche, violoncelle et Florence Pavie, piano, se retrouvaient à l’atelier du Théâtre de Cornouaille pour un tout nouveau récital.

Depuis ses débuts, Yann Fanch Kemener n’a jamais cessé d’innover. Toujours à la recherche de « compagnonnages » musicaux, on l’a souvent entendu au sein de formations inattendues.

« Dialogues », son tout nouveau récital n’a pas fait exception. Réunissant plusieurs chants, tirés de trois éditions du Barzaz Breiz, des mélodies
qu’il a lui-même collectées et des musiques dites savantes signées Adolphe Mahieux et Charles Koechlin, le chanteur a imaginé un concert à trois voix. Celles-ci, fort différentes, délaissant la plupart du temps leur répertoire classique, s’engagent avec grand bonheur sur des chemins traditionnels.

Un CD
Aujourd’hui, ce récital est gravé sur un CD, intitulé « Dialogues ». A son écoute, les bonheurs ressentis, lors de la création reviennent en mémoire. « La fameuse Prophétie de Gwenc’hlan, « dite » en français est d’une belle émotion et le toujours facétieux « Gousperou Ar Raned », déploie ses climats tendres. Entre deux chants, piano et violoncelle jouent la vibrante « Prayer » d’Ernest Bloch, célèbrent « Le Druide » d’Adolphe Mahieux. Puis, Yann Fanch Kemener « revient sur le devant de la scène » le long d’un Galv An Dans, tiré de ses « Carnets de Route ». De temps à autre, un air à danser, vient, telle une belle respiration, rappeler que la Bretagne sans gavottes et hanter Dro, ne serait pas tout à fait la même.

Trad Magazine, vient de décerner l’un de ses « Bravos » à « Dialogues ». Un prix largement mérité par cet enregistrement, un rien audacieux, dédié à la Bretagne éternelle chantée par un Trio vraiment très inspiré.
Eliane Faucon-Dumont

Presse et Bravo de trad Magazine, par J.J Boidron.

décembre 22, 2006

Bravo !!!

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Florence Pavie, Yann-Fañch Kemener, Aldo Ripoche

« Dialogues »,
Buda Musique, 3017490, distribution Universal, www.budamusique.com, (33) 01 40 24 04 27 ; contact scène : www.kemener.com

Quand on connaît l’animal, parce qu’on en suit la trace blanche de longue course, on croit savoir à chaque nouveau détour sur quels sentiers il veut nous emmener. On les croit battus, comme la terre d’un sol familier. Domestiques. A tort. Il y a bien là ces repères habituels qui nous permettent d’amorcer la marche. Les arbres reconnus d’une profonde forêt de mémoire, celle du fonds bas-breton qui balance entre ses branches littéraires du Barzaz-Breiz et les feuilles saisies au vol de leur écho populaire qui en est l’origine. Authentique rencontre du grand veneur et de la source. Avec d’incontournables prises que sont « Gwenc’hlan », « Marzhin », « Silvestrig », matières si peu nouvelles que les fondeurs mêlent au même creuset, alliant en toute nature profane et sacré, danse et recueillement. Mais les classiques du genre ont là trouvé une voie inégalée : celle d’un compromis fusionnel d’esthétiques tant traditionnelle que baroque et post romantique. Trois voix plutôt : celle en pleine maturité généreuse du chanteur qui puise en lui un écho sûr et fondé, en une langue devenue rare et non filtrée, au goût qui accroche et tient en soi sa force de dire ; celle des cordes d’Aldo Ripoche, au violoncelle aguerri dont les boyaux prennent les tripes dès l’incipit ; et enfin celles frappées comme au sceau du bon sens du piano de Florence Pavie qui jalonne un chemin tantôt sautillant et tantôt grave en lui portant volume et lumière. C’est un peu comme si ces « Dialogues » entre musiques populaire et savante, inspirés de vieux avant-gardistes tels Koechlin et Mahieux, devaient nécessairement se conjuguer en trois personnes. Et consituaient l’issue finale et longtemps recherchée d’un itinéraire empli de cailloux jetés depuis l’enfance, pour un chemin réversible à l’envi. Celle d’un Kemener, tailleur de sons à la carrière d’orfèvre : a capella, seul, ou en couple de chant, celui des gwerzioù ou du kan-ha-diskan, celui des harmonies de Barzaz, la tentation pianistique avec Squiban, puis enfin l’immersion dans le nécessaire chaudron baroque avec ce même Aldo Ripoche. Ce nouveau trio remarquablement juste est un aboutissement, une réunion attendue, un tableau de choix, au singulier pluriel. Plus encore, il est un objet d’émotion. Ou plutôt une source profuse d’émois…
J.J. Boidron

Pub « Dialogues » – Ouest-France du 14/12/06

décembre 15, 2006

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Voici la publicité qui vous a été proposée dans l’Ouest-France du 14 décembre, lors de la sortie de l’album « Dialogues »

Neventioù – Nouveautés

décembre 1, 2006

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Le CD « Dialogues » est sorti et aujourd’hui commercialisé.
S’il vous est difficile de vous le procurer, vous pouvez le faire par le net, en prenant l’attache de notre producteur;
Buda musique : contact@budamusique.com

Dialogues – Le théâtre de la ville – Les abbesses

novembre 10, 2006

DIALOGUES
« Il n’est rien de caché qui ne se découvre un jour », si l’on en croit Dostoïevski. Poursuivant sa quête du patrimoine breton, Yann-Fañch Kemener a retrouvé un trésor oublié, œuvre du compositeur Charles Koechlin. Il enrichit sa dernière création, Dialogues, présentée, en mars 2006, au Théâtre de Cornouailles, à Quimper. Le Barzaz Breiz également. Publié en 1839, ce recueil de chants populaires collectés en Bretagne par un jeune aristocrate lettré, Hersart de La Villemarqué, a exercé une forte influence au XIXe siècle. Ainsi, George Sand admirait ces « diamants » du Barzaz Breiz, fleurons de ce qu’elle appellera « la littérature orale ».


© Photo J-Charles Druais

Au début des années 30, Charles Koechlin harmonise, en respectant la mélodie, vingt pièces pour piano et violoncelle puisées dans le Barzaz Breiz. Quand il les découvre, Manuel de Falla manifeste « une pure jouissance » et apprécie la « belle parure » qui les rehausse. Le violoncelle joue la mélodie, le piano sa « parure ». Certains de ces duos figurent au répertoire de Dialogues.
Mais composition et écriture ne dévoilent guère toutes les facettes de la culture populaire qui, en effet, continue à vivre au fil des chants, des danses et des contes. Les collectages effectuées par les successeurs de La Villemarqué, parmi lesquels Yann-Fañch Kemener, jettent un autre éclairage : « timbre, interprétation, style… sont au cœur de la recherche ». Et Kemener imagine un dialogue entre le lettré (Barzaz Breiz), le compositeur (Koechlin) et le porteur de tradition. Entre l’écrit et l’oral, la rigueur d’une composition « classique » et la liberté du chant « populaire ». Ainsi crée-t-il « une œuvre actuelle et respectueuse du regard de chacun ».
Dialogue aussi de la voix – que l’on sait belle – et du chant des instruments, du violoncelle et du piano… Audacieuse entreprise, couronnée de succès, qui, pour sublimer la tradition, concilie l’inconciliable.

Jacques Erwan

Dialogues – Le CD

novembre 10, 2006

Passeur de mémoire, Yann-Fanch Kemener est un vivant trait d’union entre le passé de la Bretagne et son présent. Ce nouvel enregistrement en est la confirmation. Le propos est, cette fois, particulièrement audacieux puisqu’il explore les interférences entre musique traditionnelle et musique savante, leurs apports mutuels, leurs dialogues. Une démarche originale, voire unique, dont le but ultime est la mise en valeur de l’héritage populaire, de sa richesse poétique et musicale, de son devenir. Yann-Fanch Kemener développe ici une idée qui lui est chère : la musique traditionnelle est une musique vivante, en évolution, et qui invite, dans un espace sonore défini, à la création.
Au cœur de cet enregistrement, les collectes : celle de La Villemarqué (Barzaz Breiz), de Bourgault-Ducoudray (Trente mélodies populaires de Basse-Bretagne), de Claudine Mazéas (dans les années 1950 et au début de 1960), enfin de Yann-Fanch Kemener lui-même (Carnets de route) qui n’hésite pas à croiser la mélodie (Silvestrig) notée par Bourgault-Ducoudray et le texte qu’il a personnellement recueilli.


© Photo J-Charles Druais

On retrouve le Barzaz Breiz avec trois des douze Chansons bretonnes (1931-1932) pour violoncelle et piano de Charles Koechlin (1867-1950) : La Prophétie de Gwenc’hlan, Yannik Skolan, Azénor-la-Pâle. La matière poétique et mélodique, proposée par de La Villemarqué, y est traitée avec le plus grand respect et même avec une certaine humilité. Mais l’instrumentation, la parure harmonique du piano et l’écriture fuguée de Yannik Skolan inscrivent ces chansons dans l’art savant et justifient les présentations miroirs, délibérément choisies, ou l’incrustation du parlando (Azénor-la-Pâle). Ar Jouis, l’histoire d’une jeune fille vendue à un juif, renvoie aux sources du Barzaz Breiz, aux cahiers de collectes de La Villemarqué, retrouvés par Donatien Laurent qui chanta l’air à Yann-Fanch Kemener. Il est introduit par une page, pour violoncelle et piano, d’un lyrisme rhapsodique envoûtant, Prayer, due au compositeur suisse, naturalisé américain, Ernest Bloch (1880-1959) qui retrouve là la puissance incantatoire des mélodies hébraïques anciennes. Étrange coïncidence, il existe entre le début de cette mélodie et les airs recueillis en Centre Bretagne auprès de vieux chanteurs comme Madame Bertrand, des similitudes qui ont favorisé ce rapprochement, dans la logique du propos développé.
La présence dans cet ensemble d’une romance pour violoncelle et piano, Le Druide, due au compositeur breton, Adolphe Mahieux (1892-1931), formé à l’Institut des jeunes aveugles, à Paris, dans la tradition César Franck, est à marquer d’une pierre blanche : c’est, en effet, la première fois qu’une œuvre de ce compositeur, injustement oublié après avoir été, dans les années 1920, l’un des animateurs de la vie musicale brestoise, est enregistrée. Cette ample mélodie qui semble couler de source et laisse présager d’autres belles découvertes, apparaît comme une réponse à la première pièce du Barzaz Breiz, Les Séries ou Le Druide et l’enfant : un exemple de cet échange subtil qui s’instaure, à des degrés divers, entre art populaire et art savant.


© Photo J-Charles Druais

Yann-Fanch Kemener et ses partenaires, Aldo Ripoche au violoncelle et Florence Pavie au piano, s’en tiennent, dans leur souci de préserver la part de liberté attachée à la musique populaire, à des arrangements, dans le strict respect de la métrique, de la versification et du mode. L’intérêt d’Aldo Ripoche pour la musique baroque, ses pratiques et modes de jeu, a favorisé la rencontre entre les deux musiciens, l’un populaire, l’autre savant, et établi entre eux une complicité que le glissement de la viole de gambe au violoncelle, l’instrument le plus proche de la voix, n’a aucunement altérée. L’élargissement au piano apporte incontestablement une autre couleur, tout en donnant à la formation une connotation plus classique. Il s’inscrit, toutefois, dans la postérité du Barzaz Breiz car, dès la seconde édition (1848), de La Villemarqué introduit une présentation pour voix et piano des chants. Les propositions de Bourgault-Ducoudray au congrès de l’Association Bretonne, en 1882, vont dans le même sens.
Pour garder intacte la force de la mélodie populaire, portée par la valeur intrinsèque du mot, Yann-Fanch Kemener fait sonner la langue. Son travail sur les conteurs, sur Emile Masson, sur Armand Robin et les autres, l’a amené à mettre en scène le mot en jouant avec le lieu, l’espace scénique, la lumière, le son, pour créer un véritable spectacle. Les œuvres ici enregistrées font partie du spectacle donné au Théâtre de Cornouaille, à Quimper, les 30 et 31 mars 2006, mais l’ordre adopté donne à cet ensemble une dynamique propre, tout en préservant l’émotion.
Plus que jamais, la dialectique de la différence apparaît comme le garant du pouvoir fécondant de l’une, la musique populaire, par l’autre, la musique savante, et vice-versa. Au-delà des mots et des sons, c’est la musique qui gagne : elle vit.

Marie-Claire Mussat