Presse spectacle Dialogues

Quimper Le 26. 01. 08 

La soirée Festival Ouest Nord Ouest, réunissait, vendredi soir au Théâtre de Cornouaille, Yann Fanch Kemener, Florence Pavie, Aldo Ripoche, les trois mémorables interprètes du beau « Dialogues », déjà présenté en mars 2007 à l’atelier de ce même théâtre. Simon Beaudry, Nicolas Boulerice, Réjean Brunet et Olivier Demers, membres du groupe Québécois Vent Du Nord, présentaient, en seconde partie de soirée, leur beau répertoire traditionnel.

« Dialogues », tout d’abord célèbre le Barzaz Breiz, la musique d’Adolphe Mahieux, compositeur brestois très apprécié dans l’entre deux-guerre et de Charles Koechlin, inspiré, lui aussi par les musiques recueillies par Hersart de la Villemarqué. Depuis sa création, « Dialogues » a grandi. Le trio, voix, piano, violoncelle a pris une belle assurance et a joliment mûrit. Dans la lumière sombre, la voix du chanteur, plus belle, plus expressive que jamais, fait merveille. Gwerziou, poèmes, chansons pour apprendre ou pour danser, chaque spectateur est touché. Le piano, le violoncelle offrent l’émotion d’une profonde « Prière », signée Ernest Bloch et Yann Fanch Kemener conduit son auditoire sur les chemins de la danse. Parfois, les musiciens de Vent du Nord rejoignent les bretons pour donner d’autres couleurs, d’autres tons, séduisants, émouvants à la musique. Puis, interprètes et public se retrouvent dans les coulisses du théâtre où les attendent un superbe et savoureux Kig ha Farz.

Au Québec

Le violon, les guitares, le piano, la voix, les accordéons, la vièle prennent ensuite la relève et les musiques mâtinées d’accents irlandais, écossais, emplissent le théâtre. Simon Beaudry et ses complices soulignent parfois les similitudes entre les musiques de Bretagne et celles de chez eux. Alors Yann Fanch Kemener revient et comme pour illustrer ce propos, entonne avec ses amis, une chanson.  Les Québécois sur un rythme joyeux, égrènent des histoires éternelles. On aime follement leurs chants si bien harmonisés. À leur invitation, le public, un peu froid, il faut le dire, se lève, et pour accompagner une chanson dédiée à un vieux cheval au bord de la mort, frappe le sol de ses souliers. Puis les instruments explorent d’autres tonalités, d’autres tempos si entraînants encore, que, pour un peu, on danserait. Pour conclure en beauté, bretons et québécois se retrouvent et le concert s’achève magnifiquement.

Les plus courageux, entament ensuite une vivante gavotte dans les coursives du théâtre, Eric Menneteau et Yann Fanch Kemener, décidemment infatigables, mènent, de leur voix, la danse jusqu’à tard dans la nuit.

Eliane Faucon-Dumont 

  Par Bertrand DICALE – Le Figaro – Le 10 mars 2007Yann-Fanch Kemener, entre la lande et le pianoMUSIQUE Aux Abbesses, le chanteur breton reprend les harmonisations du « Barzaz Breiz » par le compositeur Charles Koechlin.QUELQUES artistes savent être passionnés tout autant de conservation que de création. Le cheminement de Yann-Fanch Kemener concilie le naturel d’un bretonnant ayant toujours baigné dans la culture ancienne et les sophistications d’un chanteur exigeant et lettré. Peu après la sortie du disque Dialogues (chez Buda Musique), il le présente aujourd’hui et demain au Théâtre des Abbesses en compagnie du violoncelliste Aldo Ripoche et de la pianiste Florence Pavie. Au coeur du disque comme du spectacle, une matière subtile et rauque, puissante et délicate : les harmonisations écrites à l’orée des années 1930 par le compositeur Charles Koechlin sur des mélodies traditionnelles transcrites un siècle plus tôt par Théodore Hersart de La Villemarqué dans son Barzaz Breiz, le plus célèbre des recueils de chants bretons. « On trouve là des passerelles entre le chant et l’instrumentation, entre le populaire et le savant, note Kemener. ­Koechlin respecte les mélodies d’origine mais leur donne une autre couleur par l’harmonisation. C’est un travail de l’époque post-romantique sur la matière populaire. À l’époque, Manuel de Falla a écrit à Koechlin pour le féliciter pour ses harmonisations. »Çà et là, dans le disque comme sur scène, Yann-Fanch Kemener a choisi, outre les partitions de Koechlin, de chanter « en miroir, la version populaire – ou du moins la version populaire telle que je l’entends ». Car, évidemment, se pose la question de la distance au modèle : « Les mélodies transcrites par La Villemarqué n’étaient sans doute pas chantées, par exemple, avec des barres de mesure : j’ai assez côtoyé les anciens pour savoir que ce n’est pas vrai. » De même, rien ne prouve que Koechlin connaissait le chant breton in vivo : « A-t-il entendu les chanteurs sur le terrain ? Je n’ai pas de réponse. À mon avis, il n’a travaillé que sur les mélodies. Ou, plutôt, ce sont les mélodies du Barzaz Breiz qui l’ont inspiré. » Entre lande et salon, entre âpreté de la langue et lyrisme des instruments, Dialogues multiplie à l’envi les sources de splendeur. Pour l’interprétation, Kemener parle d’ « une liberté imposée par le texte ».Alors qu’il travaille sur scène le répertoire de Dialogues, Kemener pense déjà à l’aventure suivante : « Travailler toujours avec Aldo Ripoche au violoncelle, mais avec une violoniste et une claveciniste sur des mélodies vannetaises. Dans ce répertoire, l’ambitus est plus grand que dans la gwerz, plus lyrique. J’aimerais enregistrer cette année. » Il s’est frotté parfois aux textures des musiques dites « actuelles », comme avec les synthétiseurs du groupe Barzaz. Mais il préfère explorer les noces avec des instruments acoustiques – « comme une musique de chambre ».Théâtre des Abbesses, aujourd’hui à 17 heures, le 11 à 15 heures. Tél. : 01 42 74 22 77.  

 

Presse Spectacle « Dialogues » – Eliane Faucon-DumontUn véritable enchantement, voilà résumée en quelques mots les impressions ressenties par les nombreux auditeurs réunis, jeudi soir à l’atelier du Théâtre de Cornouaille, lors de la création de « Dialogues », le tout nouveau récital de Yann Fanch Kemener, Aldo Ripoche et Florence Pavie.Trois musiciens complices au-delà des mots, véritablement inspirées par une musique qu’ils défendent toujours avec la même ardeur ont égrenés des chansons, des airs venus du fond des âges. Ces vibrants « Dialogues », nés des trois éditions successives du Barzaz Breiz, des différents collectages effectués par Yann Fanch Kemener, des musiques savantes composées, toujours à partir du fameux ouvrage de La Villemarqué, par le brestois Adolphe Mahieux et Charles Koechlin, ont un vrai parfum de terre bretonne.Belle lumièreLa lumière superbe, campe le décor intimiste, dans lequel vont s’épanouir des chansons aux rythmes multiples, des musiques pleines d’atmosphères. Dans ce bel écrin, la voix de Yann Fanch Kemener trouve toute sa place. Le public se laisse aller aux charmes de la longue et émouvante « Prophétie de Gwenc’hlan » harmonisé par Charles Koechlin. Bientôt, le piano, le violoncelle s’unissent pour un duo presque romantique, une mélodie au ton passionné, comme cette superbe « Prière » d’Ernest Bloch. Le récital oscille à tout moment entre mille climats. Tantôt une chanson se fait tendre, puis lui succède une gwerz solide, un chant à danser que le chanteur rythme insensiblement des pieds, des mains. Malicieux, le piano, accompagne les fameuses Gousperou Ar Raned (séries) que Yann Fanch Kemener, offre avec tendresse et humour. Entre deux chants il se fait poète, raconte en français et breton la merveilleuse histoire du « Seigneur Nan et la fée ». Le public, à cet instant (mais ce n’est pas le seul) est visiblement ailleurs, dans un univers où le rêve à toute sa place.On voudrait tout citer, du « Fisel » à « Azenor la pale », des chants, des musiques les plus simples aux plus élaborés, de la gwerz à la « romance » si séduisante ! Impossible bien sûr. Mais on soulignera la grande unité de ce récital qui ne renie jamais ses origines et reprend, à travers ses magnifiques interprètes, les chants de nos ancêtres.Eliane Faucon-DumontComme à chaque spectacle depuis plus d’un mois, Michel Rostain rappelle, avant l’entrée en scène des musiciens, les « problèmes » des intermittents. Il souligne que les propositions du MEDEF « sont inacceptables » se dit « extrêmement inquiet pour l’avenir de la profession ». « Aujourd’hui, c’est la grève au TNB de Rennes, et dans bien des théâtres en France, à Quimper, nous avons préféré le dialogue entre nous et vous les spectateurs… »

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